Le nom de Baldur von Schirach est intimement lié à la mainmise et à la restructuration de la jeunesse allemande au cours des années 1930.
Baldur von Schirach, d'extraction germano-américaine (sa propre mère est américaine ; son grand-père, officier unioniste, perdit une jambe à la bataille de Bull Run ; deux de ses ancêtres ont signé la Déclaration d'indépendance), est fils d'un officier d'active qui, en 1908, démissionne pour prendre la direction, à Weimar, du théâtre de la Cour. C'est à Weimar que le jeune Baldur reçoit des influences déterminantes, encore que contradictoires, pour son évolution ultérieure. Plus que par les apports du Weimar classique et postclassique, il est marqué par une forme de romantisme détérioré assez éloigné de celui d'un Hoffmann ou d'un Heine : plutôt qu'aux critères « classiques » (ordre, raison, humanité) il fera référence à la sentimentalité, à la fierté nationale vide, au clinquant funèbre. Après les convulsions qui accompagnent le premier après-guerre, le père de Baldur, limogé et aigri, se rapproche des premiers fondateurs du N.S.D.A.P. (Parti ouvrier allemand national-socialiste) et de Hitler, à qui il présente son fils. Sur le conseil […]
