Dans le panthéon nordique, le dieu Ase (appelé Baldr) détonne. Fils d'Ódhinn et de Frigg, aimable, pur, équitable, il impressionne par sa douceur, sa sagesse, sa miséricorde et sa serviabilité, toutes qualités qui ne correspondent pas exactement à ce qu'on peut savoir de l'éthique nordique ancienne, au moins à l'époque où on la découvre par les textes, c'est-à-dire à l'âge viking. Baldr est beau et il est bon. Le fils qu'il a eu de son épouse, Nanna, sera d'ailleurs un jour dieu de la Justice : Forseti (en frison, Fosite). Dans Ásgardhr, la vaste enceinte où habitent les dieux, il réside à Breidhablik (Large Éclat). Lorsque le monde aura sombré, au jour du Destin des Puissances (Ragnarök), il ressuscitera et présidera à la régénération universelle.
Jusque-là, tout donne à penser qu'il s'agit d'une divinité solaire, le soleil jouissant d'un culte notoire dans le Nord, au moins pendant l'âge du bronze scandinave (~ 1500-~ 400), non seulement parce qu'il est décrit comme « le plus blanc des Ases », mais parce que maints traits ou mythes qui lui sont attribués rappellent Baal, Tammuz, Adonis (dont le nom signifie « seigneur », tout comme le mot baldr). Et son caractèr […]
