Le Mont-Saint-Michel (Manche), site remarquable inscrit par l'U.N.E.S.C.O. sur la liste du patrimoine mondial en 1979 et qui accueille chaque année quelque 3,3 millions de touristes, est encerclé par des marais salés (encore appelés herbus ou prés salés) qui progressent au rythme de 25 à 30 hectares par an en raison du colmatage de la baie par des sédiments fins. Se retrouvera-t-il entouré de terre comme Aigues-Mortes (Gard) ou des travaux adéquats lui permettront-ils de redevenir l'île qu'il fut pendant des millénaires ?
Cette question du maintien du caractère insulaire du Mont-Saint-Michel suscite des débats depuis 1879, date de la construction de la digue-route qui a transformé en presqu'île l'îlot granitique sur lequel est construite l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Victor Hugo, en 1884, prenait ainsi position : « Le Mont-Saint-Michel est pour la France ce que la Grande Pyramide est pour l'Égypte. Il faut le préserver de toute mutilation. Il faut que le Mont-Saint-Michel reste une île. Il faut conserver à tout prix cette double œuvre de la Nature et de l'Art. »
À la suite de longs débats parlementaires une première phase d'étude (1909-1939) a porté sur le rétabliss […]
