En avril 2009, dans le souci d'apaiser les tensions avec l'opposition, le roi Hamad ben Issa al-Khalifa gracie et fait libérer cent soixante-dix-huit prisonniers politiques, parmi lesquels deux opposants chiites de premier plan, arrêtés en début d'année et jugés pour incitation au renversement du régime.
En mai, le Bahreïn annonce l'abolition du système de garantie pour les travailleurs étrangers. Cette décision est la première du genre dans le golfe Persique, où travaillent entre douze et quatorze millions d'immigrés (dont 512 000 au Bahreïn selon les estimations). Elle signifie que ces étrangers, pour la plupart des Asiatiques, pourront changer de travail et, éventuellement, obtenir un meilleur salaire sans avoir besoin de l'accord de leur garant (kafeel). Les organisations internationales luttant en faveur des droits de l'homme dénonçaient ce système de parrainage du travail, entaché de corruption et qui s'apparente à de l'esclavage. La plupart des autres pays du Golfe indiquent, à la suite de cette décision, qu'ils vont revoir leurs propres lois en matière de garantie des travailleurs étrangers. L'union monétaire des pays du Conseil de coopération du Golfe (à l'exception des Émirats arabes unis et d'Oman) entre en vigueur à la mi-décembre 2009.
Dans ce royaume de sept cent mille habitants qui accueille chaque année deux millions de touristes, le débat qui s'instaure en 2009, sous la pression des groupes islamiques conservateurs, tant sunnites que chiites, pour restreindre, voire interdire, la consommation d'alcool dans les hôtels embarrasse les autorités.
Louay BAHRY
Universalis
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