L'application hébraïque de Baal Shem Tov (Ba‘al Šem Tov : maître du Nom [divin] ou maître du Bon Nom [divin] ; abrégé en Bešt) désignait au xviie siècle, chez les juifs d'Europe centrale un thaumaturge en état d'effectuer des guérisons par l'usage magique du Nom divin qu'il connaissait par grâce spéciale. Elle désigne aujourd'hui un maître spirituel dont la vie émerge mal de la légende et auquel est attribuée la fondation du dernier courant mystique majeur du judaïsme, le hassidisme (de l'hébreu ḥasid : pieux).
Sa vie et son enseignement ne sont connus que par les écrits de ses disciples et continuateurs, car Israël ben Éliézer n'a guère laissé que deux lettres fort anodines que la critique retient comme authentiques.
Il naquit à Okopie, en Podolie (Ukraine). Après la mort de ses parents, il fut pris en charge par la communauté juive locale. Apparemment peu doué pour les études, il préférait les longues courses dans les bois. Assistant de l'instituteur, il conduisait les enfants à l'école et gardait la maison d'études. La tradition explique qu'en secret il étudiait le Zohar et les écrits des mystiques de Safed. Il aurait hérité de 410 manuscrits remontant à Abraham et à Josué, manuscrits qu'un autre Baal Shem, Rabbi Adam, aurait trouvés dans une caverne. Israël ben Éliézer épousa la fille d'un talmudiste respecté de Brody, Hannah. Le jeune couple s'installa bientôt en pleine forêt dans les Carpates, vivant pauvrement en extrayant de l'argile et du sable. À l'âge de trente-six ans, Israël ben Éliézer s'installe à Tluzt, où il manifeste des dons de guérisseur, de dispensateur de conseils et d'enseignements spirituels. Entre 1736 et 1745, au cours de voyages multiples, il guérit et prêche dans des communautés, où il accomplit des miracles. À Medzibodz, où il se fixe jusqu'à sa mort, le Baal Shem Tov rassemble de nombreux disciples, auxquels il confie, sous forme de contes et de paraboles, des vues neuves sur les rapports de l'homme avec Dieu, sur l'exaltation de la nature considérée comme œuvre […]
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