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AZORÍN JOSÉ MARTÍNEZ RUIZ dit (1874-1967)

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3.  Les prestiges formels

Aussi ses romans ne sont-ils guère que des épures (Doña Inés, 1925 ; Félix Vargas, 1928 ; Le Peuple, 1930 ; L'Écrivain, 1941). La matière se disperse ; le rythme est constamment interrompu ; de l'ensemble des chapitres aucune unité ne ressort ; l'esprit ne se reconnaît pas facilement dans cet univers où l'idée, comme le note une fois l'écrivain, saute sans fin « de trapèze en trapèze » ; les transitions sont inutiles et les chronologies sans objet. Restent la concision et la clarté de l'écriture, l'art d'évoquer par quelques images. Azorín décrit, suggère, esquisse, cherche le contour net, le mot exact ; il découpe des plans, mais entre deux plans successifs l'œil doit brusquement rétrécir ou élargir son champ de vision, en acceptant le cadre qu'on lui impose. Résultat paradoxal, la vision d'ensemble se perd, en même temps diluée et atomisée, et il est parfois éprouvant de lire de longs morceaux de cette prose pourtant si soignée, car la respiration y est contrainte, le détail ne rejoint pas l'ensemble et l'extrême minutie engendre le flou, ou le maniérisme : la caricature guette, souvent, le schéma, le pastiche – d'autrui ou de soi-même.

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