
Normalement, à partir de la puberté et sous l'influence des hormones hypophysaires, les testicules sont le siège d'une fabrication permanente de spermatozoïdes. Le testicule est composé de millions de tubes séminifères très fins et pelotonnés sur eux-mêmes. Ces tubes ont pour paroi plusieurs couches de cellules autour d'une « lumière » au centre. De la périphérie vers le centre, les cellules se transforment : il y a d'abord les spermatocytes (quarante-six chromosomes), puis les spermatides (obtenus après méiose : vingt-trois chromosomes), puis les spermatozoïdes qui sont expulsés dans la lumière du tube.
Certaines stérilités de l'homme sont dues à l'arrêt de ce processus de maturation des cellules germinales au stade précédant celui de spermatozoïde. Cet arrêt physiologique, qui constitue une forme d'azoospermie, résiste aux traitements médicaux connus.
Depuis quelques années, chez les hommes n'ayant aucun spermatozoïde dans le sperme on sait qu'il est possible de rechercher quelques spermatozoïdes dans l'épididyme ou le testicule. Il s'agit d'hommes chez lesquels le canal (déférent) transportant les spermatozoïdes est obturé, ou chez lesquels la production de spermatozoïdes est minime. Ces techniques nécessitent ensuite la micro-injection d'un spermatozoïde dans l'ovocyte au cours d'une fécondation in vitro selon la procédure technique dite I.C.S.I.
En 1995, on fait état de grossesses obtenues après micro-injection de spermatides. Le 13 février 1999, Jean Tesarik (Paris) a annoncé avoir obtenu une grossesse en ayant recours aux cellules germinales qui sont en amont des spermatides et qui n'ont pas encore effectué leur division chromosomique. À partir d'une biopsie du tissu testiculaire, il a pu mettre en culture les spermatocytes, qui ont repris leur processus de développement et se sont transformés en spermatides, ensuite injectés par I.C.S.I. Sur cinq couples volontaires, deux fécondations ont été obtenues, dont une a permis la naissance de deux jumeaux normaux. L'autre a entraîné une grossesse extra-utérine.
Cette « première » indique que la frontière des « stérilités masculines » est encore repoussée. De plus en plus d'hommes azoospermiques pourront espérer devenir pères biologiques, ce qui restreindra le champ de l'insémination avec sperme de donneurs.
Toutefois, cette technique fait encore l'objet de controverses : il existe un risque de transmission d'une anomalie génétique du père, elle-même à l'origine de l'azoospermie, ou même d'une anomalie secondaire au processus de fécondation artificielle. Il est donc trop tôt pour apprécier l'avenir de cette technique. On peut toutefois penser qu'il s'agit d'une nouvelle révolution dans le traitement de la stérilité masculine.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



