3. La communauté, les techniques, la religion
Le fondement de la structure communautaire aymara, comme ailleurs dans les Andes, est l'ayllu, qui date probablement de l'époque précolombienne et dont les membres, qui se réclament d'un ancêtre commun (huacca), possèdent et cultivent la terre en collectivité. Dans le système incaïque, tout paysan marié recevait un lot de terres. Après la récolte, le chef redistribuait les terres en fonction de la taille des familles et des besoins des ayllus.
Dans les régions où les structures communautaires ont résisté à trois siècles d'assimilation, les groupes patrilocaux ont gardé l'essentiel de leurs caractéristiques. L'ayllu, grande unité endogame, correspond à un territoire délimité. Il est divisé en deux moitiés : celle du haut (alasaya) et celle du bas (majasaya), chacune étant à son tour subdivisée en une série d'ayllus plus petits. Aucun de ces ayllus ne possède de territoire continu ; il est constitué à la fois par des terres de puna et de vallées. Les droits à l'usufruit sur la terre se transmettent suivant une lignée patrilinéaire.
Depuis des temps reculés, l'homme andin, l'Aymara en particulier, a su domestiquer les plantes d'altitude, particulièrement résistantes au froid. Sur les terres les plus hautes poussent les tubercules : pomme de terre, olluco, oca et quinoa (Chenopodium quinoa). Depuis l'époque précolombienne, la pomme de terre constitue la nourriture de base des Aymaras ; leur taxonomie actuelle en distingue deux cent vingt variétés : il s'agit en majorité de plantes de puna, dont les variétés amères (luki), les plus résistantes, ne peuvent pousser au-dessous de 2 500 mètres. Les pommes de terre sont généralement conservées après avoir été déshydratées par des expositions successives au froid et au gel durant plusieurs semaines ; le tubercule ayant ainsi perdu 75 à 80 p. 100 de son poids initial, on obtient alors le chuño ou la tunta. Depuis l'Antiquité, les procédés de conservation par le froid ont été étendus à la viande, […]
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