Poète israélien d'expression yiddish, né le 15 juillet 1913 à Smorgon, en Biélorussie.
En 1915, la famille d'Avrom Sutzkever quitte la Biélorussie pour la Sibérie afin d'échapper à la Première Guerre mondiale. Elle rentre dans sa région natale en 1920 et s'installe près de Vilnius, où Avrom Sutzkever étudiera la critique littéraire à l'université. Vers 1927, celui-ci commence à écrire des poèmes en hébreu. Influencé par les intellectuels de l'institut scientifique juif (le futur Yivo), il rejoint Yung Vilne (« Jeune Vilnius »), un groupe d'écrivains en herbe d'expression yiddish. Poète célébrant la nature, la beauté et la langue, Sutzkever est en opposition tant sur le plan artistique qu'idéologique avec ce groupe, dont le travail révèle une orientation plus urbaine, plus à gauche.
Tôt dans sa carrière, il écrit dans le journal américain de poésie moderniste In zikh (« En soi » ou « Introspection »). Sa première collection publiée, Lider (1937, « Chansons »), reçoit les louanges de la critique qui en apprécie les images, la langue et la forme novatrices. Son recueil Valdiks (1940, « Sylvestre ») célèbre quant à lui la nature. Di festung (1945, « La Forteresse ») est l'écho de ses expériences comme membre du mouvement de résistance du ghetto en Biélorussie et du temps qu'il a passé avec les maquisards juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Sutzkever est aussi un personnage culturel important du ghetto de Vilnius où il organise et anime revues, expositions, conférences et lectures de poèmes. Il fait partie d'un groupe d'intellectuels juifs recrutés pour sélectionner des ouvrages juifs destinés à être envoyés à l'Institut zur Erforschung der Judenfrage (« institut de recherche sur la question juive »), fondé par l'idéologue nazi Alfred Rosenberg, le reste devant être vendu pour faire de la pâte à papier. Le groupe tente en réalité de sauvegarder le plus de documents possible. Pendant et juste après la guerre, Sutzkever contribue à sauver pour les Juifs tout ce qui peut l'être, d'abord contre le […]
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