S'il n'a pas bouleversé la graphie du dessin animé, Tex Avery en a modifié le ton, par l'introduction, à un degré rarement atteint jusqu'alors, du nonsense, de la violence et de l'érotisme, démodant Mickey, Félix le Chat et le Petit Roi. Les thèmes de ses dessins animés vont très loin en raison même de l'absurdité de leurs postulats. Dans Half-Pint Pygmy (1948), des explorateurs lancés dans une jungle digne du célèbre Fantôme des bandes dessinées inspirées par Lee Falk recherchent le plus petit pygmée du monde. Ils le trouveront enfin : point noir minuscule sur l'écran ! Un mouton atteint d'une inépuisable boulimie est expédié par fusée dans le Soleil, et voilà la Terre plongée dans les ténèbres, car le mouton a mangé l'astre solaire ! (Billy Boy, 1954). Le chien Droopy, qui promène partout l'air accablé des personnages de Bosc ou de Chaval, se lance dans des poursuites dont le sadisme dépasse celui des bandes les plus délirantes de Tom et Jerry, Heckle et Jeckle ou Sylvester. Bien que l'humour de Tex Avery soit plus proche de celui de Lewis Carrol, de Fredric Brown ou du dessinateur Chas Addams que de celui de Cami ou d'Alphonse Allais, ce so […]
