En France, une exposition sur l'abstraction se faisait attendre. Elle a enfin eu lieu, du 5 novembre 2003 au 22 février 2004, au musée d'Orsay, dont le président, Serge Lemoine, associé à Pascal Rousseau, maître de conférences à l'université de Tours, proposait aux visiteurs de remonter « aux origines de l'abstraction ».
Jusqu'à présent, l'archéologie de l'abstraction avait privilégié trois axes majeurs : l'évolution des formes, les sources spiritualistes et les liens avec l'ornement. Cette exposition prenait le parti d'en explorer les ressorts scientifiques selon un double parcours, celui des liens entretenus avec l'optique et avec l'acoustique, par lesquels on comprenait que l'abstraction, loin de se couper du réel, s'attache à en traduire des phénomènes jusqu'alors insoupçonnés.
En accueillant le spectateur dans un espace vibrant de lumière dû à la jeune artiste belge Ann Veronica Janssens, les commissaires de l'exposition entendaient poser l'actualité de leur propos et, plus encore, faisaient de cette manifestation le lieu d'une expérience de l'œuvre, une expérience en l'occurrence synesthésique. Sortant de cet environnement, le visiteur débouchait sur un tableau […]
