5. L'autotrophie est-elle primitive ?
• L'importance des autotrophes dans l'équilibre nutritif de la biosphère
Les grandes capacités de synthèse des autotrophes, photo- ou chimiotrophes, les ont fait considérer autrefois comme primitifs. Ils auraient pu en effet se développer les premiers parmi les êtres vivants, n'ayant besoin d'aucun aliment organique. Il n'est pas certain cependant que l'autotrophie soit primitive par rapport à la prototrophie. En effet, de nombreux composés du carbone, de l'hydrogène et de l'azote, en particulier des acides aminés, peuvent se former dans l'atmosphère sous l'effet des décharges électriques naturelles ou des radiations ultraviolettes. La synthèse de substances « organiques » avant la lettre, sans intervention d'organismes vivants, est bien établie, et des prototrophes, voire des auxotrophes, moins « perfectionnés » auraient pu en profiter à l'aurore de la biosphère. Cependant, parmi les êtres actuels, les prototrophes sont sûrement plus primitifs que les auxotrophes, qui en dérivent manifestement par perte de fonctions. Chez les micro-organismes, de très nombreux exemples sont connus : beaucoup de mutations se font par disparition des capacités de synthèse et engendrent des êtres plus exigeants que leurs parents en facteurs de croissance. La spécialisation des organismes à un milieu restreint – c'est le cas en particulier des parasites et des saprophytes – s'accompagne également d'une perte de pouvoir de synthèse qui permet de concevoir leur origine évolutive à la suite d'une restriction des capacités nutritives.
Dans la biosphère actuelle, néanmoins, l'importance des autotrophes est capitale, puisqu'ils permettent le retour des substances minérales carbonées dans le cycle biologique et que, sans eux, les hétérotrophes ne connaîtraient certainement pas l'essor qu'ils ont acquis.
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