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AUTO SACRAMENTAL

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5.  Apogée. Calderón

Avec Pedro Calderón de la Barca, la dramaturgie espagnole, sans s'astreindre aux sacro-saintes « unités », atteint à une perfection qui est surtout maîtrise dans l'agencement des intrigues comiques ou tragiques. De plus en plus il émerveillera ses contemporains par cet art de « proposer, objecter et résoudre » que le père Castroverde assimile à un « parfait syllogisme » dans son approbation du recueil d'Autos sacramentales caldéroniens (1677). En son théâtre allégorique sacré, Calderón a pour lui, avec son sens de la grandeur, la sûreté de sa philosophie et de sa théologie thomistes. Cette rigueur nouvelle ne paralyse pas, au contraire, l'invention de ses autos, plus que jamais actions, spectacles. L. P. Thomas a su montrer comment la correspondance entre « les jeux de scène et l'architecture des concepts » y résulte d'un art subtil. Quant à l'invention même des actions, Calderón s'est plaint du rôle ingrat qui lui incombait depuis quarante ans d'illustrer chaque année par des autos nouveaux un thème religieux unique en se servant de personnifications théologico-morales préexistantes. Mais il a réussi ce tour de force. Il a enrichi la matière exploitée par ses devanciers : métaphores de la vie humaine, Bible allégorisée, intrigues profanes transposées a lo divino, en y annexant la mythologie gréco-latine.

Le Grand Théâtre du monde identifie la vie des hommes sur la terre – rois ou mendiants – à un rôle que leur confie, de la naissance à la mort, le Souverain Auteur (comparaison dont Sancho avait pu dire à Don Quichotte qu'elle servait dans les sermons ; sa tradition remontait, à travers les Pères, à Épictète ou plus haut). Calderón lui donne une consistance dramatique, encore assez réaliste, soutenue par une conception thomiste de la société, mais aussi par une philosophie du temporel et de l'éternel qui se concentre dans l'image réversible du tombeau-berceau. À la table eucharistique se coudoient tous les acteurs. Si Le Festin de Balthasar est un beau sujet p […]

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CALDERÓN DE LA BARCA PEDRO (1600-1681)

Écrit par :  Charles Vincent AUBRUN

Dans le chapitre "Les « autos sacramentales »"  : …  *Les autos sacramentales sont, sous la plume de Calderón, des pièces allégoriques de plus de mille vers, que l'on représentait le jour de la Fête-Dieu dans les rues des villes et des villages et dont le dénouement implique l'intervention divine matérialisée par l'Eucharistie. Le poète part de n'importe quelle donnée : de circonstance,… Lire la suite
COMEDIA, Espagne

Écrit par :  Charles Vincent AUBRUN

Dans le chapitre "Le déclin"  : …  chaque année dans les rues, sur des chars, pour la Fête-Dieu, que l'on désigne du nom d'*auto sacramental : c'est un mystère allégorique qui se propose de montrer que, en tous lieux et en tous temps, est latent dans la moindre invention des hommes le mystère de l'Eucharistie, et que les nourritures terrestres, le pain et le vin… Lire la suite
ENCINA JUAN DEL (1469-1529)

Écrit par :  Universalis

… *Poète, compositeur et auteur dramatique, Juan del Encina est le premier dramaturge important dans l'histoire du théâtre espagnol, dont il est souvent appelé le patriarche. Il fait ses études à Salamanque, où il remplira par la suite la charge du maître de chapelle de la cathédrale. En 1492, il entre au service du second duc d'Albe comme poète,… Lire la suite
GARCÍA VICTOR (1934-1982)

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MIRA DE AMESCUA ANTONIO (1574?-1644)

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… *Dramaturge espagnol né à Guadix (province de Grenade), Mira de Amescua est ordonné prêtre en 1610. En 1616 il accompagne le duc de Lemos à Naples, puis est chapelain à Grenade. Il néglige sa vocation ecclésiastique au profit de sa vocation littéraire. Chapelain à Madrid il fréquente Góngora, Lope de Vega, Tirso de Molina. Sa réputation est grande.… Lire la suite
ROJAS Y ZORRILLA FRANCISCO DE (1607-1648)

Écrit par :  Bernard SESÉ

… *L'un des principaux dramaturges de l'époque de Calderón. Plusieurs de ses pièces furent jouées au palais royal. Rojas y Zorrilla a écrit quelque soixante-dix comedias et une quinzaine d'autos sacramentales dont El Rico Avariento (Le Riche Avare) et La Viña de Nabot (La Vigne de Nabhot). Ses… Lire la suite
TIMONEDA JOAN (1518?-1583)

Écrit par :  Bernard GILLE

… *Né à Valence, ce tanneur, devenu libraire vers 1547, se fait connaître à partir de 1553 en éditant ses œuvres ou celles de ses amis. À sa mort, il jouit d'une confortable aisance dont témoigne son testament. Cette biographie embourgeoisée et sa culture d'autodidacte boulimique ont pu conduire certains historiens à le qualifier d'« honnête… Lire la suite
TIRSO DE MOLINA (1580 env.-1648)

Écrit par :  Pierre GUENOUN

Dans le chapitre "Aspects généraux du théâtre de Tirso"  : …  sont incontestablement de sa main et bon nombre d'autres probablement de lui, sans compter cinq *autos sacramentales dont la paternité n'est pas en cause. On ne saurait dire exactement quand Tirso commença à écrire pour la scène ni quand il s'arrêta. Il est sûr que, si sa condamnation par la junte de Réformation fut amèrement ressentie,… Lire la suite
VICENTE GIL (1465 env.-env. 1537)

Écrit par :  Bernard SESÉ

Dans le chapitre "Les œuvres religieuses"  : …  Juan del Encina et de Lucas Fernández, les premières courtes scènes religieuses de Vicente, l'*Auto dos Reyes Magos ou l'Auto pastoril castellano, s'enrichissent par la suite d'éléments lyriques, comme dans l'Auto des quatre saisons (Auto dos quatro tempos) ; allégoriques dans l'Auto da ánima, où l'… Lire la suite

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