2. Hypothèses explicatives
L'origine de l'autisme reste énigmatique. Kanner avait d'abord incriminé à la fois un dysfonctionnement organique et les particularités comportementales des parents (froideur, désintérêt pour l'enfant) sans pouvoir ensuite déterminer si ces particularités étaient causales, si elles témoignaient d'une anomalie génétique pré-autistique des parents ou si elles étaient la conséquence sur eux d'une relation décevante et difficile avec leur enfant. Certains auteurs ensuite ont essayé de distinguer un autisme psychogénétique d'un autisme organogénétique, en invoquant deux ordres d'éléments cliniques.
• Deux types de causalité ?
Dans la majorité des cas, l'examen neurologique est négatif. Devant l'adhésion auto-calmante à des intérêts restreints et à des mouvements stéréotypés, devant la fascination par des formes évanescentes, on a alors supposé que la façade autistique protégeait des sujets, contre un arrière-plan d'angoisses intenses, en les mettant à distance. Face à des autistes sans langage, on ne pouvait faire que des hypothèses sur ce conglomérat d'angoisses de chute dans un gouffre sans fond, d'angoisses de morcellement, de liquéfaction, d'invasion par une substance répugnante ou maléfique, ou encore de déchirement de l'enveloppe corporelle, source de souffrances indicibles. Mais les témoignages de ceux qui avaient la capacité de décrire, oralement ou par écrit, ce qu'ils éprouvaient, sont venus soutenir ces hypothèses
Dans d'autres cas, par contre, l'autisme est associé à une maladie génétique connue (un trouble métabolique, la phénylcétonurie, lorsqu'elle n'est pas dépistée à la naissance et corrigée par un régime ; la sclérose tubéreuse de Bourneville, une perturbation du développement embryologique qui entraîne un retard mental, une épilepsie grave, des tumeurs disséminées dans plusieurs organes et des lésions cutanées particulières) ou à divers autres syndromes malformatifs congénitaux. Des manifestations épileptiques allant de simples anomalies électroencéphalographiques à de véritables crises généralisées, dont la fréquence peut rester plus ou moins espacée, compliquent souvent l'évolution d'un enfant autiste et sont un argument de plus pour invoquer un dysfonctionnement organique.
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