Traité tripartite de sécurité conclu par l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis d'Amérique, dans le cadre du réseau de pactes d'assistance mutuelle tissé par les États-Unis de 1949 à 1954. Signé le 1er septembre 1951, soit huit jours seulement avant le traité de paix avec le Japon, regroupant trois États « blancs » limitrophes du Pacifique, il apparaît à l'époque comme une précaution prise contre un éventuel relèvement du Japon. L'A.N.Z.U.S. fut conclu « en attendant que se développe un système plus étendu de sécurité régionale dans la zone du Pacifique » ; ce sera le pacte de Manille du 2 septembre 1954, ou O.T.A.S.E., auquel les trois pays appartiennent (jusqu'à sa dissolution en 1977). Les parties contractantes prévoient de se consulter si leur sécurité est menacée dans le Pacifique et d'agir, conformément à leur procédure constitutionnelle, en cas d'attaque armée contre le territoire métropolitain de l'une d'entre elles ou contre leurs territoires insulaires du Pacifique. Au contraire de l'O.T.A.N., l'A.N.Z.U.S. n'a qu'une organisation très rudimentaire : seul est prévu un Conseil des ministres des Affaires étrangères qui doit être organisé « de façon à pouvoir se réunir à tout moment ». À partir de 1984, l'A.N.Z.U.S. devient de facto un pacte bilatéral États-Unis - Australie, la Nouvelle-Zélande refusant d'accorder des escales à des navires à propulsion nucléaire ou susceptibles de porter des armes nucléaires. Cette règle s’appliquera en février 1985 au navire de guerre U.S.S. Buchanan. Les États-Unis décident alors de suspendre tous les effets du traité à l’égard de la Nouvelle-Zélande. De son côté, le gouvernement de Wellington scelle sa politique antinucléaire par une loi sur la dénucléarisation de son territoire, le désarmement et le contrôle des armes, votée le 8 juin 1987.
Jean DELMAS
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