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AUGUSTINISME

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2.  Les influences philosophiques

Par bonheur cette longue méditation de l'œuvre d'Augustin ne s'est pas trouvée limitée au problème ardu de la grâce et de la prédestination. La métaphysique augustinienne, caractérisée par le rôle central de Dieu et par l'intériorité des voies qui mènent à lui, a exercé une influence très nette sur les divers systèmes philosophiques médiévaux et classiques. L'ouverture de la culture occidentale à l'influence aristotélicienne, à partir de la fin du xiie siècle, aboutit au triomphe de la scolastique, c'est-à-dire d'une méthode dialectique mise au service d'une recherche toujours aussi passionnée de la vérité. Bien qu'Augustin ne fût plus, dès lors, l'unique maître, son influence demeura cependant incontestable.

Non seulement Thomas d'Aquin incorpore à son système de très nombreux passages de l'œuvre augustinienne, qu'il réutilise souvent en un sens différent, mais, dans la synthèse qu'il tente alors, c'est un véritable augustinisme qui se fond avec l'aristotélisme mis au service de la foi chrétienne. Ainsi, c'est un dialogue entre une pensée héritière de la Grèce, volontiers dialectique, et l'héritage de la patristique latine, qui s'élabore. Non sans résistances, et qui permettent de jauger l'importance des divers augustinismes : c'est autour d'une doctrine mieux comprise de l'évêque d'Hippone que se sont groupés les opposants au thomisme, désireux de maintenir une tradition illustrée par saint Anselme et l'école de Saint-Victor.

C'est sans doute dans l'œuvre de Jean Duns Scot († 1308) que l'on trouve la synthèse la plus complète entre un augustinisme strict et un aristotélisme mêlé, par ses filières arabes, de néo-platonisme : il édifie une métaphysique subtile et profonde par laquelle il expose comment, à partir de l'essence infinie et de la connaissance et de l'amour, se constitue un Dieu vivant, créateur et sauveur des autres êtres. En se révélant à l'homme, le Dieu en trois personnes appelle chacune de ses créatures à une analyse spécul […]

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