3. Structure et nomenclature
Entreprenant de réduire la chimie à un système unitaire, à vocation structurale, Laurent rendait possible une révision de la nomenclature, que la production incessante de nouvelles espèces moléculaires rendait par ailleurs pressante. Il tentera de dominer le chaos des dénominations en enfermant la totalité des corps connus ou possibles dans son système, qu'il compose tout à la fois d'une notation, d'une classification et d'une nomenclature, suivant un « ordre rationnel et mnémonique » ; le lieu dans la classification devrait imposer le nom : « pour déterminer la place qu'un corps doit occuper... il faut avoir égard, non seulement à la nature, au nombre et à l'arrangement de ses atomes, mais encore et principalement à ses métamorphoses ou à sa génération » ; d'où sa recherche obstinée d'arbres génératifs des diverses dérivations radicalaires.
Toutefois, il n'était pas aisé de produire, sinon de programmer, la dérivation mutuelle de toutes les espèces organiques concevables. En 1844, il adopta un projet qui consistait en une distribution assez disparate, à cinq entrées, qui ne répondait qu'assez mal au programme annoncé l'année précédente, savoir la confection d'une nomenclature qui indiquerait le nombre des atomes, leur arrangement et la nature des corps.
Son échec relatif est-il dû à ce que, selon les termes de François Dagognet, « le mot se trouve déclassé : entre lui et la formation organique s'intercalent et la formule complexe et aussi la forme ou le dessin synoptique » ? Reste que le mérite de Laurent aura été justement de poser, dans toute leur étendue, deux problèmes qui n'ont en rien perdu leur acuité : la représentation des structures et le classement des espèces.
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