3. Mesure des attitudes
Parce qu'elle implique l'idée de degré ou d'intensité, la notion d'attitude soulève un problème méthodologique important : celui de la détermination de cette intensité. On parle alors de la « mesure des attitudes ». À première vue, le problème prend l'allure d'un défi. Comment, en effet, mesurer ce qui, par définition, est inobservable et inobservé ?
Là aussi, psychologues sociaux et sociologues bénéficiaient d'un précédent dans le domaine de la psychologie, celui de Spearman, qui avait publié, en 1904, un article intitulé « General Intelligence, Objectively Determined and Measured ». En effet, l'intelligence ne peut, elle non plus, être observée. La logique de la procédure de Spearman est la suivante :
Imaginons que nous ayons fait subir à une population de sujets un ensemble d'épreuves. La quantité xij mesure la réussite du sujet i à l'épreuve j. Appelons Fi l'intelligence du sujet i. Si la tâche j met au jour cette faculté générale que le sens commun désigne par le vocable d'intelligence, xij est une fonction de Fi. De même, la réussite du sujet k à l'épreuve j est une fonction de Fk. En faisant des hypothèses analogues sur les autres épreuves, on obtient le modèle général suivant :

Ce modèle signifie que la réussite d'un sujet à épreuve est une fonction de son intelligence Fi, et d'autres facteurs propres à l'épreuve, à savoir lij. Quant au coefficient aj, il indique que la part de l'intelligence peut être différente dans la réussite à l'épreuve j et dans la réussite à l'épreuve k. Dans ce cas, aj sera différent de ak.
Moyennant certaines hypothèses supplémentaires, on peut, d'une part, déterminer la validité du modèle, d'autre part, le résoudre, s'il est valide, et connaître ainsi les quantités aj, qui mesurent la d […]
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