2. Recherches sociologiques et psychologiques
Une raison du succès de la notion d'attitude, étrangère aux raisons déjà citées, est qu'elle est apparue comme indispensable dans l'analyse de phénomènes qui devaient retenir l'attention des sociologues et des psychologues pendant de longues années.
La notion d'attitude est introduite par Thomas et Znaniecki parce que les individus qu'ils observent dans The Polish Peasant – à savoir les paysans polonais immigrés aux États-Unis – manifestent des comportements inadéquats par rapport aux normes sociales de la société d'accueil. Ils en concluent que le comportement individuel n'est pas explicable en termes fonctionnels : pour qu'un individu reconnaisse l'intérêt qu'il a, par exemple, à s'adresser à l'appareil judiciaire pour voir une situation réglée à son profit lorsqu'il est dans son bon droit, il faut d'abord qu'il ait une « attitude » positive à l'égard de la justice, c'est-à-dire qu'il admette qu'un différend avec autrui peut être réglé non directement, mais indirectement, par l'entremise de la société.
Mais la notion d'attitude s'est surtout imposée à partir du moment où les sociologues américains, obéissant à une contrainte ou à un besoin social diffus, se sont mis à se pencher sur le problème des préjugés raciaux. Les préjugés raciaux représentent effectivement un cas privilégié, où les comportements et opinions sont déterminés par des dispositions internes qui forment une sorte d'écran entre l'individu et la réalité sociale.
Un des livres classiques dans le domaine de l'analyse des préjugés est The Nature of Prejudice de G. W. Allport. L'auteur y présente une analyse systématique des distorsions perceptives engendrées par les préjugés, en même temps qu'il y expose une théorie du préjugé : sur le plan de la représentation, le préjugé assume une fonction de simplification. Il fournit des catégories tranchées qui permettent de classer les personnes et leurs comportements, d'expliquer simplement ces comportements (« ce n'est pas éton […]
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