5. La fonction d'activation
L'observation courante indique que la quantité d'attention n'est pas constante. Nous avons l'impression d'être parfois profondément et durablement engagés dans une activité, parfois, au contraire, incapables d'une attention soutenue et facilement distraits. De même nous savons que l'efficacité de nos réactions à un événement important dépend du temps dont nous disposons pour nous y préparer. Dans ces deux types de situation, l'organisme semble ne pas fonctionner toujours avec la même « intensité ».
Sous cet aspect intensif, l'attention apparaît comme une notion équivalente à celle d'éveil ou de vigilance, utilisée pour décrire diverses fluctuations. Certaines, à long terme, ou « toniques », sont liées au cycle nycthéméral, au moment de la journée, aux conditions ambiantes ou à l'ingestion de drogues, psychostimulantes ou tranquillisantes. D'autres fluctuations, à court terme, ou « phasiques », précèdent l'occurrence imminente d'un signal d'alerte exigeant une réponse urgente. À ce clivage dans la dynamique des processus attentionnels correspondent d'ailleurs des domaines d'activités et donc de recherches différents ; il s'agit, dans le premier cas, des situations « naturelles », tirées de la vie professionnelle, où l'attention doit être longuement maintenue, comme c'est le cas pour les tâches de surveillance, contrôle d'un écran radar ou tri de pièces défectueuses dans une chaîne de fabrication ; il s'agit, dans le second cas, de situations « artificielles », de type temps de réaction, dans lesquelles sont étudiés au laboratoire les processus préparatoires à l'exécution d'une activité sensori-motrice transitoirement déclenchés par un signal.
• Modulations à long terme
Les études consacrées aux modulations attentionnelles à long terme ont été dominées par les problèmes que posent les relations entre niveau d'éveil et niveau de performance ; elles ont été abordées en faisant appel à u […]
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