2. Pluralité des fonctions attentives
Issu du vocabulaire psychologique courant avant d'accéder à un statut scientifique, le concept d'attention n'a jamais reçu de définition univoque. Les tentatives pour cerner à la fois les aspects subjectifs de l'attention, les mécanismes psychophysiologiques qui l'accompagnent et ses effets objectifs sur le comportement sont restées impuissantes à intégrer ces différentes dimensions dans une même formulation. Ainsi a-t-on opposé une composante intensive de l'attention – celle à laquelle se réfère un professeur quand il estime un élève « éveillé » ou « endormi » – à une composante sélective de l'attention – celle qui est mise en jeu lors de l'écoute d'un instrument particulier de l'orchestre –, une composante passive ou involontaire de l'attention – celle qui est sollicitée quand survient un bruit insolite – à une composante active ou volontaire de l'attention – celle à laquelle a recours le lecteur d'un texte difficile –, une composante transitoire de l'attention – celle qui précède un appel téléphonique attendu – à une composante soutenue de l'attention – celle à laquelle fait appel un contrôleur aérien surveillant en permanence l'écran de son radar –, enfin une composante automatique de l'attention – celle qui permet de continuer à tricoter tout en conversant – à une composante contrôlée de l'attention – celle qui contraint l'automobiliste à s'interrompre lors d'une manœuvre délicate.
La combinaison de ces oppositions conceptuelles dichotomiques ne conduit malheureusement pas à une synthèse cohérente des phénomènes attentionnels. C'est le mérite de la théorie de l'information d'avoir permis une modélisation des processus comportementaux, qui fournit un cadre de référence dans lequel les principaux problèmes que pose l'attention peuvent être précisés et ordonnés. Dans cette formalisation, un comportement adapté, par exemple le fait d'immobiliser son véhicule lorsqu'un feu de signalisation devient rouge, implique une série d'opératio […]
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