6. Où va l’a ssurance ?
Il est plus facile d'identifier le rôle d'intermédiaire financier de l'assurance que celui de producteur de biens et de services. Si l'assureur, à l'inverse de ses clients, ne crée pas de véritables richesses, il a pour rôle de permettre à sa clientèle de préserver financièrement la richesse créée et/ou d'accompagner et d'aider au développement de la création de nouvelle richesse. La matière première de l'assureur est l'argent. Néanmoins, le travail de cette matière première, l'évolution positive ou négative de celle-ci sont en premier lieu directement dépendants de l'évolution ou plus exactement des évolutions typologiques des assurés, de leurs besoins de protection ainsi que de leur façon de consommer les produits et services d'assurance. L'assureur est ainsi directement dépendant des mutations de son environnement technologique, des grandes évolutions économiques et sociales qui surviennent là où il exerce ses activités.
Sur le plan technologique, le développement de l'industrie spatiale, de l'informatique, des télécommunications, les problèmes liés à l'environnement, toutes les questions relatives à la santé suscitent depuis une vingtaine d'années de nouveaux concepts où la gestion des risques se substitue de plus en plus fréquemment à la plus classique vente de contrats.
Pour ce qui concerne l'industrie, les restructurations, les concentrations, les délocalisations ont une répercussion directe sur l'assurance des risques d'entreprises, tant au regard des assurances de personnes que des assurances de dommages. Ainsi, au début des années 1980, on recensait plus de 450 000 sites soumis au tarif des risques industriels : moins de vingt ans plus tard, il n'en restait qu'un peu plus de 100 000, mais avec des concentrations de valeur trois fois plus élevées. Les caractéristiques des risques à assurer, leur nature même ont donc considérablement évolué.
Cette contraction de la matière assurable entraîne inévitablement d'importantes mutations dans toutes […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



