Expression utilisée en psychanalyse pour désigner l'objet de la règle fondamentale, laquelle consiste pour le patient à exprimer toutes les pensées (idées ; images ; Einfall, dit Freud, « ce qui tombe » dans l'esprit) sans discrimination aucune et de manière spontanée. L'école de Zurich et Jung utilisèrent des « mots inducteurs » (images, idées, nombres, etc.), qu'ils proposaient aux malades. Par une telle règle, on tend à éliminer les choix volontaires des pensées (c'est-à-dire la censure, dite seconde, entre le conscient et le préconscient) ; ainsi se révèlent des défenses inconscientes, soumises à la première censure, entre le préconscient et l'inconscient.
Dans la mesure où cette règle est en quelque sorte inapplicable dans toute sa rigueur (la pensée allant plus vite que sa traduction dans le langage, mais surtout en raison des réticences acceptées ou inconscientes), une orientation, un choix, si minimes soient-ils, se manifestent inéluctablement à travers les silences, les lacunes du discours, les lapsus, les coq-à-l'âne... Une chaîne signifiante se dévoile. Freud avait remarqué très tôt (L'Interprétation des rêves) que, « chaque fois qu'un élément […]
