L'assistance technique – « coopération technique », selon le langage des organisations internationales – a pour but d'accroître la capacité des pays du Tiers Monde à mener une politique autonome de développement. À cette fin, elle met libéralement à la disposition de ces derniers des connaissances scientifiques ou techniques et des savoir-faire adaptés aux réalités locales.
Si son objet varie – mise en valeur de la « ressource humaine » (François Perroux), renforcement des institutions, soutien aux projets d'investissement –, sa nature est constante. La coopération se réalise, presque exclusivement, par la mobilité des hommes : les uns viennent mettre leurs compétences au service du pays qui les appelle, les autres partent acquérir à l'extérieur celles dont leur pays a besoin. Certes, elle a un coût, un transfert de la connaissance exigeant souvent un matériel approprié ; mais, à la différence des autres formes d'aide, et au-delà du transfert de ressources qu'elle implique, c'est d'abord la mise en communication de personnes. Du « coopérant » au « boursier », la relation garde un aspect pédagogique.
En effet, aucune connaissance technique ne se transmet réellement et utilement d'un milieu socio-économique à un autre sans être adaptée à ce dernier. Il n'y a pas de développement autonome des connaissances engendrant mécaniquement une évolution déterminée des techniques de production. Le problème est à la fois économique et culturel : nulle part une technique ne peut être utilisée si elle ne correspond au système des prix relatifs ; nulle part elle ne peut être efficace si elle ne correspond à la capacité technique qu'ont les hommes de l'utiliser, de la maîtriser, de la faire progresser. Le problème est aussi technique : la recherche sur les produits vivriers (dans des conditions qui ne bouleversent pas les structures sociales) ou sur l'élevage (au Sahel, par exemple) est plus urgente que celle sur les cultures de rente ; il faut considérer avec la plus grande attention la spéc […]
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