Poète indien de langue urdū, né à Āgra, mort à Delhi, Assadullāh khān, qui devait choisir le pseudonyme de Ghālib, appartenait à une famille noble ; il descendait du roi Afrāsyāb de Touran. Orphelin très jeune, il perdit en 1857, lors de la révolte des cipayes, son patrimoine familial. En 1852, il devint le professeur de poésie du dernier roi moghol, shāh Zaffar, et fut considéré comme poète-lauréat. Après 1857, le nabab de Rāmpur le prit comme précepteur ; mais son salaire suffisait à peine à financer ses plaisirs, et il fut emprisonné quelque temps pour dettes. Cet aristocrate, fier de ses origines, avait des goûts dispendieux et un large cercle d'amis. On retrouve dans sa poésie l'écho de sa manière de vivre. Hautement respecté pour sa connaissance du persan et de l'urdū, il est regardé non seulement comme le plus grand poète, mais encore comme le premier grand prosateur en cette dernière langue. Ses œuvres, qui comptent parmi les classiques de l'Inde musulmane, sont à peu près totalement ignorées en Occident, faute de traductions. Il écrivit un grand nombre de vers persans, qui sont oubliés aujourd'hui, bien qu'il en eût tiré vanité. En revanche, c'est à une œuvre qu'il juge […]
