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ASRAM ou ASHRAM

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2.  Les lieux de l'effort

Malgré une histoire longue de plus de vingt-cinq siècles, en dépit d'un dynamisme contemporain incontestable et d'une infinie polyvalence, tous les āśram se constituent autour de structures permanentes qui les différencient d'institutions telles que les monastères ou les ermitages chrétiens. En premier lieu, comme le remarque Jean Varenne à propos du « groupe maître-disciples » qui « constitue ce que l'on nomme habituellement un âshram », « il est préférable de conserver le mot sans le traduire, car il ne correspond pas à quelque chose de courant en Occident ». La relation du maître à ses disciples, en effet essentielle à tout āśram, se situe dans le cadre d'une spontanéité qui devrait combattre toute tentative d'institutionnalisation. Jean Varenne précise fort justement que « le véritable âshram est totalement ouvert ; on y vient quand on veut, on y vit comme on veut ; on le quitte quand on le désire, et le maître ne se mêle en aucune façon d'administrer quoi que ce soit ». Nulle clôture donc, nul vœu de stabilité : non seulement l'āśram ne doit pas être le lieu d'une fuite du monde, mais il doit constituer, au sein de la société, le centre exemplaire qui la fonde. C'est la société, en effet, qui, par ses aumônes, assure la vie matérielle de cette arène spirituelle où elle livre le combat contre le désir de tuer (ahimsa), contre le désir de posséder et celui de procréer. Les gens de toute caste visitent l'āśram pour y trouver conseil ou simplement pour vivre quelques instants en présence du guru.

Dans les anciens āśram, le guru donnait à ses disciples un enseignement philosophique et spirituel. C'est ainsi que sont nées les Upaniṣad. Mais sa fonction sociale ne s'arrêtait pas là. Les jeunes brahmanes allaient y passer le premier âge de leur vie, celui du brahmacarya. Ils y mémorisaient la tradition orale de la grande tradition védique. Il semble bien, d'après un texte du Suttanipāta bouddhique, que les āśram, anneaux de transmission de la cultur […]

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