Né d'un deuxième mariage de son père, Joseph Chamberlain, Neville Chamberlain débute dans la carrière politique en entrant au Parlement de Londres en 1918. Membre du parti conservateur, il fait partie du Cabinet à partir de 1922 et, sauf un bref passage à la chancellerie de l'Échiquier en 1923-1924, est cantonné avant 1931 dans des postes relativement secondaires (postes, santé publique). En 1931, il devient chancelier de l'Échiquier du gouvernement d'union nationale de MacDonald. Il le restera jusqu'en 1937 et sera ainsi le principal maître d'œuvre du redressement financier et économique de la Grande-Bretagne. Son orthodoxie financière lui inspire une rigoureuse politique au détriment des classes défavorisées, en particulier des chômeurs dont les indemnités sont rognées ; son respect de la monnaie ne l'empêche pas de procéder à une salutaire, mais forte dévaluation de la livre en 1932 et de garantir la nouvelle définition par un fonds d'égalisation des changes. Il fait triompher les idées protectionnistes et impériales de son père en faisant adopter par le Parlement un tarif général (févr. 1932) et en en exceptant les matières premières et les aliments importés, ouvrant ainsi la voie aux accords d'Ottawa sur les préférences impériales. En 1937, au lendemain du couronnement de George VI, il succède à Baldwin démissionnaire. De tempérament autoritaire, il personnalise davantage encore sa fonction et, surtout, entend garder la haute main sur les affaires étrangères. Il se fait le champion de la politique dite de l'« apaisement », qu'il définit comme la recherche inlassable et réaliste des moyens pacifiques de résoudre les conflits internationaux. S'il ne pousse pas l'aveuglement jusqu'à négliger le réarmement progressif de l'Angleterre et surtout un vigoureux effort de construction d'une aviation militaire moderne, il n'évite pas l'accumulation de défaites et l'accusation d'avoir fait preuve d'une faiblesse inexcusable. Il laisse parachever la victoire franquiste en Espagne, se résigne à l'Anschluss autrichien et, au prix de deux rencontres p […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



