Pépinière de violonistes de grand talent, l'école franco-belge du violon a compté peu de vedettes depuis la disparition d'Eugène Ysaÿe, en 1931. Arthur Grumiaux en était l'un des phares, et s'il a toujours refusé une certaine commercialisation de son art, il était reconnu de tout un public pour la pureté et la sobriété de ses interprétations ; phénomène plus rare et qui mérite d'être souligné, il jouissait de l'estime de l'ensemble de ses collègues.
Arthur Grumiaux voit le jour dans un petit village du Brabant belge, Villers-Perwin, le 21 mars 1921, dans une famille où le rôle de la musique est déjà primordial. Son grand-père lui enseigne le solfège et, le voyant mimer un violoniste avec des morceaux de bois, lui offre son premier violon. À cinq ans et demi, il se présente pour la première fois devant un public. Mais ses parents refusent les aléas d'une carrière d'enfant prodige. Il reçoit une formation générale et travaille le violon et le piano au conservatoire de Charleroi, où une dispense de cinq ans lui est accordée pour accéder à l'établissement. En 1932, nanti de ses diplômes de piano et de violon, il hésite sur l'instrument à adopter. Ses parents choisiront le viol […]
