Né à New York en 1925, Arthur Drexler avait recu une formation artistique et musicale.
D'abord dessinateur pour la firme de meubles de George Nelson, ancien rédacteur de la revue Architectural Forum, il dirige ensuite, de 1948 à 1951, la revue Interiors Magazine, avant d'être appelé par Philip Johnson comme conservateur au Department of Architecture and Design du musée d'Art moderne de New York. Il succède à ce dernier en 1956.
À ce poste, il a joué pendant trente ans (1956-1986) un rôle fondamental dans ces domaines, comme critique et comme historien.
Son intuition la plus originale, dont l'influence sur le développement du mouvement « postmoderne » est incontestable, est sans doute la révélation qu'il eut du rôle du dessin académique d'architecture, tel qu'il était enseigné à l'École des beaux-arts au xixe siècle comme source de formation de l'architecture nord-américaine des xixe et xxe siècles.
Dès le début des années 1970, il songe à organiser une exposition de la production graphique de l'École des beaux-arts, alors qu'une grande partie du milieu architectural français rejette vivement la tradition du prix de Rome, et que les historiens d'art, à l'exception de quelques Anglo-Saxons isolés, la négligent totalement.
La présentation de cette exposition en 1975, au musée d'Art moderne de New York et la publication qui lui est liée, en 1977, ont fait date dans la perception que l'on peut désormais avoir du xixe siècle.
Outre ses nombreuses expositions et publications, Arthur Drexler a considérablement enrichi le musée d'objets représentatifs de notre époque, ainsi que de plans et dessins d'architecture, dont les très importantes archives de Mies van der Rohe. En 1984, il a réalisé l'extension de son département à l'ensemble du 5e étage du bâtiment, consacrant ainsi la primauté d'un lieu dont il avait su faire le premier musée d'architecture moderne.
Annie JACQUES
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