6. Classification et évolution
On reconnaît, actuellement, trois sous-embranchements parmi les Arthropodes. Les Trilobitomorphes, à carapace dorsale divisée en trois régions par deux sillons longitudinaux, n'ont pas dépassé l'ère secondaire ; ils étaient tous marins, possédaient des antennes préorales et leurs appendices ventraux presque tous semblables étaient du type biramé. Les Chélicérates, dépourvus d'antennes, ont leurs appendices antérieurs (chélicères) transformés en pinces ; la région céphalique, non individualisée, correspond à un ensemble de métamères réunis à l'acron ; on les sépare en Mérostomes marins, presque tous disparus à la fin de l'Ère primaire (sauf les Limules qui ont persisté jusqu'à nos jours) et en Arachnides à respiration aérienne. Les Antennates, ou Mandibulates, forment le dernier sous-embranchement ; il comprend les Myriapodes, les Crustacés et les Insectes, lesquels représentent les neuf dixièmes des Arthropodes actuels.
On rattache aux Arthropodes, sous le nom de Pararthropodes (porteurs de griffes), certains groupes présentant des caractères arthropodiens : les Onychophores, ou Péripates, les Tardigrades et les Linguatules.
Les Arthropodes étaient bien différenciés antérieurement au Cambrien et une origine polyphylétique de ce vaste ensemble est possible. Néanmoins le développement révèle de nombreuses affinités avec celui des Annélides. Si l'on veut rechercher encore plus loin, dans le temps, l'origine des Arthropodes, on aboutit à cette conclusion qu'Arthropodes et Annélides ont certainement des ancêtres communs.
L'existence de très nombreux fossiles marins d'Arthropodes laisse penser qu'au cours de son évolution cet embranchement est passé de la vie aquatique à la vie terrestre ; nombreux sont les partisans de cette hypothèse. Il est sûr que l'évolution, dans certains domaines, fut progressive surtout en ce qui concerne le système nerveux. Celui-ci, chez les Insectes sociaux, par exemple, atteint un degré de complexité qui permet des manifestations psychiques confinant à l'intelligence.
On parle aussi d'évolution régressive. Le deutocérébron a disparu chez les Chélicérates, par exemple. On ne saurait cependant affirmer que le psychisme des Araignées est inférieur à celui des Insectes. Les Arthropodes apportent la preuve que, si la simplification organique évolutive existe, elle n'entraîne nullement une régression dans les manifestations vitales.
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