3. Au-delà de l'Arte povera
En 1971, on peut considérer que la phase historique de l'Arte povera en tant que groupe mené par l'énergie mobilisatrice de Germano Celant est arrivée à son terme. Historicisé, reconnu, collectionné par les plus grandes institutions internationales, l'Arte povera fonctionne. Au singulier en tant que concept et, au pluriel, en tant qu'ensemble de propositions plastiques avant-gardistes émanant d'un groupe de créateurs dont les expositions se multiplient un peu partout dans le monde.
En 1984, alors que s'impose une nouvelle génération concurrente de peintres néo-expressionnistes regroupés par Achille Bonito Oliva sous le label Transavanguardia, Celant juge nécessaire de marquer une nouvelle fois la cohérence du mouvement et programme trois expositions à Turin, Madrid et New York. En situant la production des artistes dans l'actualité de l'époque, Celant entend affirmer que l'Arte povera célèbre encore et toujours « un hymne à l'élément primaire, à l'élément banal, un hymne à la nature entendu à la façon des Atomes de Démocrite, un hymne à l'homme, fragment d'esprit et de corps ». « Ma bataille, dira-t-il encore, a été d'affirmer que l'art contemporain a le même poids que l'art du passé. »
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