L'expression « art Saint-Sulpice » est trompeuse, parce qu'elle englobe dans une même appellation et dans un même discrédit des périodes et des artistes très différents, parce qu'elle confond art de reproduction et de grande diffusion avec les recherches d'un art sacré authentique qui sont continues depuis près de deux siècles.
Au sens propre, l'art sulpicien désigne les objets que l'on vend dans les boutiques spécialisées qui avoisinent l'église du même nom à Paris : art industriel et économique, de médiocre qualité, où la mièvrerie et l'affadissement du style rassurent et portent en quelque sorte le cachet d'un art officiel, orthodoxe et sans excès. Ainsi compris, l'art sulpicien est de tous les temps et chaque effort de renouvellement de l'art religieux sécrète, naturellement, sa contrefaçon. Les vierges et saintes, à l'œil blanc et à l'air pâmé, issues d'Ary Scheffer et de son raphaélisme, les statues de la Vierge de Lourdes, mauvaise traduction du modèle médiocre du pieux sculpteur Cabuchet, les effigies trop sensibles de Thérèse de Lisieux ou de saint Antoine de Padoue, même les œuvres néo-byzantines, pâle reflet de l'expérience menée à Beuron, autant, en somme, de m […]
