On doit voir dans le style plateresque une manière d'art national espagnol, dont l'originalité apparaît avec une particulière netteté par rapport à l'Escorial, qui lui sert en quelque sorte de repoussoir. La dénomination, qui semble impliquer une référence à l'orfèvrerie (platería), ne doit pas faire illusion, car le style plateresque n'a rien emprunté à l'art du métal : il combine avec une très grande liberté des éléments décoratifs d'origine très diverse, puisqu'on y décèle aussi bien une tradition gothique que des emprunts à la Renaissance italienne, sans compter les influences mudéjares plus ou moins puissantes ; le tout traité avec une fougue et un brio souvent synonymes d'exubérance. Toute une pléiade de talents illustre cet aspect original de la Renaissance en Espagne. Ils travaillèrent au service de l'Église et des grands, et ils élevèrent les monuments les plus divers, églises et palais, mais aussi hôpitaux et collèges universitaires.
Le premier plateresque, qui est le plus libre, voit le triomphe du décor sur des structures qui demeurent fréquemment gothiques. Il est notamment illustré par Enrique Egas, l'architecte des Rois Catholiques et par Juan de Ál […]
