La chronologie de l'art rupestre préhistorique a longtemps reposé sur l'évolution stylistique générale mise en évidence par André Leroi-Gourhan, en s'appuyant sur des fouilles archéologiques. Celui-ci distinguait 4 styles, depuis les tracés sommaires de l'Aurignacien, vers — 30000, jusqu'à l'épanouissement de l'art des grottes magdaléniennes (— 15000-— 10000). Toutefois les peintures de la grotte Chauvet (Ardèche), découverte en 1994, ont été datées par le carbone 14 d'environ — 30000. Leur facture très élaborée contraste avec ce que l'on connaissait jusqu'à présent de l'art de cette période (Aurignacien) ce qui remettrait partiellement en cause le schéma de Leroi-Gourhan. Il faudrait cependant être certain que les dates proposées ne tiennent pas à des incertitudes de la méthode de datation. Jusqu'à preuve du contraire, il faut considérer que les peintures de Lascaux appartiennent à la période solutréenne, vers — 17000. L'art solutréen et l'art magdalénien qui lui a succédé sont marqués par une thématique spécifique : l'opposition entre chevaux et bisons (qui recoupe peut-être une opposition masculin-féminin), tandis que d'autres animaux (cerfs, bouquetins) occupent une place marginale, et sont confinés dans les zones les plus reculées des grottes (félins, rhinocéros).
Photographie
Taureau et chevaux, Lascaux Taureau et chevaux, peintures magdaléniennes (15 000 ans av. J.-C.) dans la grotte de Lascaux, en Dordogne, France.
Crédits: The Bridgeman Art Library Consulter
Jean-Paul DEMOULE
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