Au lendemain des guerres puniques, la puissance militaire et diplomatique de Rome s'impose progressivement à l'ensemble du monde méditerranéen. Enrichis par les conquêtes et séduits par les nombreux originaux pillés par les généraux, les Romains et les Italiens recherchent des œuvres d'art ou des objets d'artisanat de luxe. Face à cette demande très forte, les centres producteurs du monde grec répondent massivement, et la multiplication des sculptures signées d'artistes athéniens à partir du début du iie siècle avant notre ère a permis de mettre en évidence l'apparition d'un art néo-attique. Le « néo-atticisme » ne caractérise en aucun cas un style précis, car les artistes athéniens de l'époque pastichaient tous les styles grecs antérieurs, de l'archaïsme le plus rigide au réalisme le plus illusionniste, et offraient souvent à leurs clients des œuvres d'un éclectisme raffiné. Mais il est vrai que les premiers artistes néo-attiques actifs à Rome, ceux de la famille de Timarchidès, ont reçu de nombreuses commandes de statues de culte qu'ils traitaient dans un style classicisant, et que, au siècle suivant, Pasitélès, à la fois praticien et théoricien, semble avoir privilégié les grands maîtres du classicisme dans les modèles qu'il recommandait.
Photographie
Junon du Capitole, art néo-attique Junon du Capitole. IIe siècle avant J.-C. Marbre. Hauteur: 49 cm (74 cm avec le buste moderne). Cette œuvre caractéristique du néo-atticisme est attribuée à l'atelier de Timarchidès, sculpteur d'origine athénienne établi à Rome. Musées Capitolins, Rome.
Crédits: Gilles Sauron Consulter
Gilles SAURON
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