4. Recrudescence des faux antiques au XVIIIe siècle
Le trafic des faux tableaux se poursuit au xviiie siècle, mais d'une façon moins aisée, car le commerce d'art s'organise, sort des officines des peintres, et l'on voit apparaître alors le connaisseur, dont le Français Mariette est le type le plus accompli en Europe. En outre, on attribue de plus en plus de valeur à la griffe originale des maîtres ; au siècle précédent, la copie conservait au contraire une valeur presque égale à celle accordée aux répliques de sculptures dans l'Antiquité, cela sous l'influence d'une conception néo-platonicienne, réapparue à la Renaissance, qui voyait la vérité de l'œuvre d'art dans l'« idée » et non dans la « matérialité » de l'œuvre. Aussi le prix d'une copie de tableau atteint-il encore, au xviie siècle, la moitié de celui de l'original ; il n'en est plus de même au siècle suivant.
Cependant, la découverte des villes ensevelies par l'éruption du Vésuve, Pompéi et Herculanum, amène une recrudescence du goût pour l'Antiquité ; on se met à refaire des fausses sculptures ; un buste de César, acheté par le British Museum en 1818, comme antique, date de ce temps. Un nouveau genre de falsification commence alors à se pratiquer sur les peintures antiques que les fouilles campaniennes viennent de révéler, et dont les contrefaçons ont d'autant plus de succès que les originaux sont jalousement gardés par les rois de Naples, qui ne les montraient qu'en de rares occasions. Un certain Giuseppe Guerra, mort en 1761, élève de Solimena (1657-1747), s'était spécialisé dans ce genre de pastiches.
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