2. Faux antiques
Dans l'Antiquité, le faux est apparu tout d'abord, sans intention dolosive, sous la forme de copies des originaux célèbres de la sculpture grecque classique que les princes hellénistiques, puis les patriciens romains, recherchaient pour orner leurs palais. Mais nous savons par Pline l'Ancien et Vitruve que, rapidement, des répliques revêtues de fausses signatures, de Phidias, Praxitèle, Polyclète, Myron et même des grands peintres, furent vendues comme œuvres originales. Les lettrés romains distinguaient alors les vrais connaisseurs, qu'ils appelaient intelligentes, des naïfs prétentieux, les idiotai.
Au Moyen Âge, les chrétiens n'ont que mépris pour ces « idoles », mais ils gardent beaucoup de goût pour les œuvres de la glyptique antique dont ils ornent ce que les églises ont de plus précieux, à savoir les châsses dans lesquelles sont conservées les reliques. Au xvie siècle, quand on se met à nouveau à collectionner les antiques, les amateurs recherchent ces petits objets, intailles ou médailles, et, pour répondre à cette demande, on fabrique des faux en quantité telle qu'un grand nombre des intailles « antiques » conservées dans les musées datent de cette époque ; on connaît les fausses médailles que possédait le duc de Berry, qui fut le premier des grands amateurs. Au xve siècle, le sculpteur florentin Ghiberti fabrique des monnaies à la manière antique, mais sans intention dolosive, et la production de petits bronzes antiquisants commence à la fin du xve siècle et s'intensifie au xvie siècle ; Venise concurrence Florence dans cette activité. La première vente célèbre d'un faux est celle d'un Cupidon dormant sculpté par Michel-Ange et qui, ayant été enterré à Rome, fut acheté deux cents ducats par le cardinal Riario di San Giorgio, qui le croyait antique. On ignore ce qu'il est advenu depuis de cette statue.
Au cours du xvie siècle, le trafic des fausses statues antiques, particulièrement des bustes d'empereur dont on ornait les châteaux, fut très actif dans le nord de l'Europe.
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