Un grand nombre d'œuvres d'art comportent une indication plus ou moins développée, explicite et visible qui permet d'en identifier l'auteur. Cette indication peut prendre la forme d'une signature, d'un monogramme, d'une inscription, parfois d'un cachet, d'une estampille, d'un poinçon ou d'une marque, plus exceptionnellement d'un signe conventionnel ou symbolique. En l'absence de toute indication de cette nature l'œuvre d'art devrait être, au sens strict du terme, considérée comme anonyme.
1. La recherche de l'identification
Les historiens d'art ne peuvent évidemment se résigner à cet état de fait. Face au problème de l'œuvre d'art, signée ou non, leur démarche est triple.
Toute indication fournie par l'œuvre elle-même doit être critiquée car elle peut avoir été ajoutée à l'œuvre (signature apocryphe) ou être, comme l'œuvre elle-même, le résultat d'une falsification. L'indication apocryphe peut avoir un but frauduleux (monogramme de Dürer ajouté sur de nombreux dessins du xvie siècle) ou consigner de bonne foi une tradition exacte ou légendaire (inscription Giacomo da Siena, gravée au xixe siècle sur la Vierge de Jacopo della Quercia conservée aujourd'hui au musée de la cathédrale de Ferrare).
Les sources écrites anciennes (contrats, inventaires, descriptions, biographies) permettent de restituer de façon certaine à un artiste une œuvre qui ne porte aucune indication. Le seul problème est alors de suivre l'histoire de l'œuvre à travers le temps et l'espace afin d'avoir la certitude que l'œuvre parvenue jusqu'à nous est bien celle que mentionnent les sources et non pas une réplique ancienne (cas très fréquent), une restitution, voire une copie à l'identique (comme pour les statues de plein air plusieurs fois « renouvelées »).
L'analyse stylistique permet de procéder à des attributions et d'enrichir le catalogue d'un artiste par des œuvres tenues jusque-là pour anonymes ; ces attributions sont évidemment sujettes à révision lorsque des découvertes d'œuvres nouvelles ou de documents inédits permettent de mieux cerner la personnalité d'un artiste.
Mais si les historiens d'art […]
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