Un grand nombre d'œuvres d'art comportent une indication plus ou moins développée, explicite et visible qui permet d'en identifier l'auteur. Cette indication peut prendre la forme d'une signature, d'un monogramme, d'une inscription, parfois d'un cachet, d'une estampille, d'un poinçon ou d'une marque, plus exceptionnellement d'un signe conventionnel ou symbolique. En l'absence de toute indication de cette nature l'œuvre d'art devrait être, au sens strict du terme, considérée comme anonyme.
Les historiens d'art ne peuvent évidemment se résigner à cet état de fait. Face au problème de l'œuvre d'art, signée ou non, leur démarche est triple.
Toute indication fournie par l'œuvre elle-même doit être critiquée car elle peut avoir été ajoutée à l'œuvre (signature apocryphe) ou être, comme l'œuvre elle-même, le résultat d'une falsification. L'indication apocryphe peut avoir un but frauduleux (monogramme de Dürer ajouté sur de nombreux dessins du xvie siècle) ou consigner de bonne foi une tradition exacte ou légendaire (inscription Giacomo da Siena, gravée au xixe< […]
