3. Le début du Cycladique récent (1550-1450 av. J.-C.)
Les Cyclades font désormais partie de la zone d'influence crétoise, mais conservent une bonne part de leurs caractères originaux.
La construction de remparts à Phylakopi et l'agrandissement de ceux d'Haghia Irini témoignent encore de l'insécurité qui subsiste. Mais de nombreux bâtiments, privés ou publics, sont désormais vastes – 400 mètres carrés pour la maison A d'Haghia Irini –, complexes et décorés de fresques. À Akrotiri (Théra), les vestiges découverts s'étendent sur près d'un hectare, sans que l'on ait rencontré de mur d'enceinte, et témoignent d'une urbanisation dense, où les rues, les venelles et les places donnent accès, éclairage et aération à des maisons de deux ou trois étages qui, à la différence de celles de Crète, ne comportent ni cours intérieures ni puits de lumière. Plusieurs bâtiments indépendants, en pierre de taille et de construction extrêmement soignée, ont peut-être des fonctions particulières, commerciales, administratives, religieuses... Mais partout le rez-de-chaussée est occupé par des magasins et des ateliers, les étages étant réservés plutôt à l'habitation et composés de pièces plus spacieuses et richement décorées.
La peinture murale, sans doute largement répandue, est attestée non seulement à Akrotiri, mais à Phylakopi. Elle témoigne d'une parenté évidente avec celle de Crète. Le décor s'organise en scènes miniatures ou en grands tableaux encadrés de motifs géométriques variés, et l'on y trouve des représentations du monde végétal et animal, des scènes à caractère narratif ou historique (comme la fameuse scène navale de la maison ouest d'Akrotiri) ou des thèmes supposés religieux (les « Cueilleurs de crocus », la « Prêtresse à l'encensoir »...). Mais l'expression est, en général, plus libre et spontanée qu'en Crète, et l'utilisation de la fresque paraît être moins liée à des motivations religieuses qu'à des préoccupations proprement esthétiques.
Certaines activités connaissent un essor remarqu […]
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