4. Les formes polyphoniques
À l'époque carolingienne, les premiers essais consistant à doubler une voix par mouvement parallèle, selon les consonances admises, donnent naissance à l'organum parallèle comme le Rex coeli Domine (à 2 voix, Enchirias, ixe s.). Une troisième voix puis une quatrième peuvent être ajoutées. L'organum fleuri (à vocalises) comprend une phrase liturgique (tenor emprunté), exposée en valeurs longues, un double (duplum) en vocalises. Cette forme cultivée par l'école de Saint-Martial de Limoges sera amplifiée par l'école Notre-Dame (organum triplum, quadruplum) en tant que solemnisation de l'office (Léonin, Pérotin). Elle tombe en désuétude vers la fin du xiiie siècle, au profit du motet religieux, profane ou amoureux. Des paroles (motetus, motulus) sont placées sous la voix organale ; le motet comprend une teneur (vox prius facta, sur timbre préexistant), sur un mode rythmique préétabli, un double sur un rythme différent et avec des paroles différentes, en respectant les consonances parfaites, puis – en contrepoint – une troisième voix avec des paroles différentes. Les textes sont d'abord latins, puis bilingues (latin-ancien français), et français. Les sujets religieux et profanes permettent de superposer des textes avec ou sans parenté sémantique (cf. mss de Bamberg, de Montpellier). Les musiciens de l'ars nova transformeront cette forme.
Vers 1250, au nord de la Loire, le rondeau (rondel, rondellus) fait appel au style syllabique, au même texte à toutes les parties ; sa structure varie de quatre à treize vers au xiiie siècle. Adam de la Halle exploite la forme monodique (Robin m'aime, Robin m'a) et polyphonique (Li dous regard de ma dame) chantée en alternance par un soliste et par le chœur.
Aux xiie et xiiie siècles, le conduit (conductus), chant latin de caractère paraliturgique, accompagne un déplacement (ex. le Conduit de l'Âne). Le sujet peut être religieux, profane, de circonstance (événement histor […]
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