3. La théorie musicale et la notation
Les manuscrits sont notés en notation noire, de forme carrée, qui sera mesurée ou proportionnelle vers le xiiie siècle. Les valeurs utilisées sont la longue (longa), la brève (brevis) écrites sur le parchemin sans lever la plume d'oie, des notes d'ornement et des silences. Peu à peu, les valeurs plus petites seront nécessaires ; la semi-brève, semi brevis, en groupe puis autonome, s'ajoutera. Le terme « mesuré » (musica mensurata) introduit par le théoricien Francon s'applique à la polyphonie, par opposition au cantus planus. Les valeurs de notes ne sont pas absolues, elles dépendent du contexte. Les modes rythmiques (d'abord deux, puis six) régissent cette musique à plusieurs voix. La notation préfranconienne ou pérotinienne est en usage entre 1175 et 1225 ; la notation franconienne lui succédera. L'évolution est très nette, dans le sens de l'imprécision vers la précision, à partir des manuscrits Wolfenbüttel (677, 1099), Florence (Pluteus 29 Bibl. Laur.)... Les renseignements sont fournis par les traités, entre autres ceux de Jean de Garlande (De musica mensurabili positio), de Lambert (Tractatus de musica), de l'Anonyme IV (env. 1275), de l'Anonyme VII (env. 1350), qui fournissent de précieuses indications concernant la notation : valeurs (relatives) des notes, silences, ligatures, notes d'ornement, théorie modale (modes rythmiques), et à la pratique du déchant (consonances admises, mode de composition)... Ce système complexe sera perfectionné par Pierre de La Croix, Philippe de Vitry à l'époque de l'ars nova.
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