4. L'arrangement dans la musique de jazz
En ce qui concerne la musique de jazz, deux particularités importantes sont à signaler. La première est que l'usage veut que les mêmes thèmes soient diversement traités par des interprètes différents, et même parfois, par un seul interprète au cours de plusieurs de ses manifestations. La seconde est que, contrairement à l'orchestre symphonique classique dont l'effectif est relativement codifié, la nature et le nombre de participants des formations de jazz sont très variables. Il en résulte que pour adapter un même thème et le travail de variation qui l'accompagne à des formations différentes, l'arrangement devient indispensable. Mais il ne faut pas oublier que si, souvent, l'improvisation collective, faite à partir d'un thème donné et sur un canevas donné, pouvait éviter le recours à l'arrangement, la recherche de la perfection (au détriment parfois d'une vivante spontanéité) rendait cet arrangement indispensable. André Hodeir, le plus compétent des musicologues de jazz, définit ainsi l'arrangement en ce domaine : « Procédé de création qui substitue l'élaboration à l'improvisation (souvent les deux procédés se combinent). L'arrangement, bâti sur un thème donné, peut être oral ou écrit ; il est généralement destiné à l'orchestre. »
Ce qu'il faut retenir de cette définition est que, dans le jazz, l'arrangement est une véritable « création », donnant à un thème qui peut être quelconque tous les caractères de noblesse d'une œuvre originale. Par comparaison, nous pouvons dire qu'il s'agit d'un phénomène assez voisin de celui que nous rencontrons dans la musique dite « classique » à propos de certaines variations sur un thème assez insignifiant (par exemple, les Variations dites Diabelli de Beethoven).
Depuis que se sont développés les synthétiseurs et autres instruments électroniques, les divers arrangements dans le jazz, le rock et les musiques de variété ont pris les formes les plus étonnantes. Malheureusement la séduction sonore exercée par des timbres non encore tout à fait habituels sert souvent de palliatif au manque d'imagination musicale des arrangeurs.
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