Peintre autrichien né à Baden près de Vienne, littérairement formé par ses lectures d'Artaud, de Georges Bataille et de Cioran, Rainer a commencé de 1949 à 1951 à peindre de manière informelle, selon des procédés automatiques, proches de l'automatisme surréaliste. Mais, déçu par sa rencontre avec André Breton, qui eut lieu pendant le voyage qu'il fit à Paris au début des années 1950, et constamment animé par un désir cathartique d'annihilation de tout discours, il s'est défini comme un artiste qui « peint pour quitter la peinture », sinon pour anéantir l'art lui-même. En 1951 à Vienne, lors du vernissage d'une exposition de ses œuvres, il a insulté ses invités : ce ne serait qu'une anecdote si l'on ne saisissait qu'il peint aussi pour insulter l'image, l'identité de ce qu'il peint (y compris la sienne, quand il peint, avec rage, sur la photographie de son propre visage). Proche d'artistes comme Vedova et Reinhardt, qui ont joué presque exclusivement de la couleur noire, Rainer fut, par son comportement autant que par ses œuvres, le maître admiré d'artistes d'avant-garde comme Nitsch et Schwarzkogler, qui ont pratiqué l'art du happening jusqu'au sang et à l'autodestruction physiq […]
