Maître ès arts, bachelier en théologie, organiste à la maîtrise de Notre-Dame de Paris, qu'il dirige, plus tard chanoine de Saint-Julien du Mans, Arnoul Gréban peut, dès 1452, vendre le texte de son Mystère de la Passion à Abbeville. Mais le plus ancien manuscrit dont nous disposions date de 1458. Fait pour être joué en quatre séances ou « journées », ce mystère compte 34 429 vers (édition O. Jodogne) pour 224 personnages. Un prologue résume la Genèse jusqu'à la mort d'Adam et Ève. La première journée commence par le débat de Miséricorde et de Justice sur le principe et le choix du Rédempteur. Suivent l'Annonciation, la Visitation, la Nativité alternant avec des scènes plus librement imaginées qui traduisent l'inquiétude des démons en Enfer, le tourment de Joseph, le bonheur des bergers. La fin de cette journée, après l'adoration des Mages, la Circoncision, le massacre des Innocents, comporte une longue discussion du jeune Jésus avec les docteurs de la Loi où apparaît la science théologique de l'auteur. La deuxième journée raconte la vie publique du Christ, et la troisième, la Passion proprement dite en suivant avec scrupule les Évangiles ; très vite on sentit […]
