1. Historique
• Avant 1914
Des moyens chimiques et biologiques furent employés dans les campagnes militaires dès l'Antiquité, mais d'une manière épisodique et limitée.
Si les épidémies naturelles qui faisaient fondre les effectifs des armées anciennes ne constituaient pas des attaques biologiques, elles inspirèrent certaines opérations : des cadavres d'animaux ou même de soldats victimes d'épidémies étaient lancés par-dessus les remparts de cités assiégées, des puits étaient infectés de la même façon. Un général polonais, Sieminowicz, envisage en 1650 l'emploi d'armes plus élaborées : des globes remplis de bave de chien enragé. Un siècle plus tard, un général anglais, Bouruet, voulut répandre la petite vérole parmi les tribus indiennes rebelles en leur faisant parvenir des couvertures contaminées.
Les références historiques de la guerre chimique sont encore plus anciennes. Sans parler de l'emploi de flèches empoisonnées, les eaux du Pleistos auraient été contaminées, d'après Pausanias, avec des racines d'ellébore au cours d'opérations contre la ville de Crissa au vie siècle avant J.-C. Si la combustion de soufre ou de poix ne semblait pas destinée, dans l'Antiquité, à produire des fumées asphyxiantes, l'amiral Dundonald suggéra, pendant la guerre de Crimée, de suffoquer la garnison russe des forts de Sébastopol par des vapeurs sulfureuses. Et, tout au long du xixe siècle, divers inventeurs proposèrent de véritables munitions chimiques.
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