4. L'art arménien
Les tribus indo-européennes venues du haut plateau anatolien se trouvaient, de par la situation géographique du pays, placées entre deux domaines culturels différents : d'une part les civilisations asiatiques, d'autre part les civilisations méditerranéennes, qui jouèrent, mais à des degrés divers, un rôle dans le développement de l'Arménie.
Les fouilles n'ont encore mis au jour ni monuments ni œuvres d'art des siècles qui suivirent l'installation des Arméniens ; il n'est guère possible, dès lors, de déterminer ce que la tradition arménienne a pu conserver de l'art ouartien, ni de saisir quels ont pu être les apports de l'art achéménide. Avec les conquêtes d'Alexandre, l'Arménie entre dans l'orbite du monde hellénistique dont l'influence se maintient pendant longtemps. La ville de Tigranocerte, fondée par Tigrane II au ier siècle avant Jésus-Christ au moment de la plus grande expansion de l'Arménie, était un centre de culture grecque où des acteurs grecs jouaient des pièces d'Euripide ; le roi Artavazd II, fils de Tigrane, était réputé pour les tragédies et les récits qu'il avait lui-même composés. Au dire de Moïse de Khorène, des statues de divinités importées de Grèce ornaient quelques-uns des temples arméniens, et le seul fragment connu à ce jour, la tête d'une statue de déesse découverte à Erzinjian (l'ancienne Erez), est effectivement une œuvre grecque. Non loin d'Erevan, le temple de Garni, dont les ruines sont conservées, est un temple périptère de type hellénistique et, au palais de Garni, sur la mosaïque formant le pavement du bain, les divinités marines de la mythologie grecque sont désignées par des inscriptions grecques.
Pour autant qu'on puisse en juger par ces quelques vestiges, un art de caractère national ne commença à se former qu'après cette période, et c'est tout particulièrement dans le domaine de l'architecture que cette individualité s'est le mieux exprimée.
Les œuvres artistiques appartiennent à deux périodes distinctes : la première va du début de la c […]
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