Le terme « armée » provient du bas latin armata. À l'origine, il signifie l'armement des navires, d'où le nom espagnol armada qui désigne la flotte, l'armée de mer. Par analogie et dérogation, on a désigné, sous le vocable armée, l'armée de terre ; la marine prenant le nom de flotte de guerre.
Au Moyen Âge, le terme ost remplace celui d'armée que l'on trouve cependant dans les textes de Froissart.
Dans son sens le plus général, le terme armée s'applique aux moyens d'un État, d'un peuple, d'une collectivité sociale, politique, religieuse ou économique, moyens comprenant des effectifs organisés, hiérarchisés, armés, équipés, administrés et militairement instruits ; leur fin est d'imposer la volonté de l'autorité supérieure par la force, ou la menace de son exercice, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des territoires, mouvants ou fixes, de la collectivité considérée : ainsi l'armée romaine, l'armée des Cimbres et des Teutons, l'armée de la Compagnie des Indes, l'Armée rouge.
Dans un sens restrictif, le terme armée s'applique aussi à une fraction importante de l'ensemble des moyens militaires, destinée à la défense d'une frontière, d'une région, ou à l'exécution d'une mission stratégique sur un théâtre d'opération déterminé, ainsi par exemple de l'armée des Alpes ou de l'armée du Rhin en France sous la Révolution. De telles armées sont actuellement dénommées forces d'intervention, ou armées de campagne.
De nos jours, on appelle plus exactement armée une grande unité terrestre, assumant une mission stratégique par la combinaison et la direction des manœuvres tactiques de grandes unités subordonnées, manœuvres opérées éventuellement à la suite du déclenchement de feux nucléaires et de l'exploitation de leurs effets, en liaison ou non, avec une grande unité aérienne adaptée, et, selon les circonstances, avec les forces navales.
Depuis qu'elle est apparue dans l'histoire, l'utilisation rationnelle et méthodique de ces forces armées a été l'objet constant de réflexions, de recherches, d'améliorations techniques qui constituent un véritable corpus de doctrines et d'enseignement, classiquement distingués en deux niveaux : celui, tactique, du champ de bataille avec ses modes de combat, ses manœuvres et ses ruses adaptés au terrain ; celui, stratégique, du théâtre global des opérations, à l'échelle de l'ensemble des territoires impliqués par le conflit, sur terre, sur mer et, depuis désormais plus d'un siècle, dans les airs.
Il est enfin un aspect de la question militaire qu'il n'est pas possible d'éluder, tant cette réalité pèse dans l'histoire de l'humanité, nous voulons parler des rapports pas toujours sereins mais à coup sûr toujours complexes qu'entretient l'armée avec le pouvoir politique et la société civile.
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