Bien connue par ses œuvres sociales auprès des déshérités, l'Armée du salut est issue du méthodisme. Son apostolat part de la conviction que, pour présenter l'Évangile à des gens dépourvus de tout, il faut d'abord leur assurer le confort minimal d'une bonne nourriture et d'une douche. Ainsi se comprend le slogan salutiste : Soup, soap, salvation (« Soupe, savon, salut »). La philanthropie n'est donc pas le but des activités de l'Armée. Il s'agit pour elle, dans et par ses œuvres charitables, de préparer un terrain favorable à l'évangélisation. Cet aspect de l'activité salutiste la relie, au-delà de ses origines méthodistes, à un ensemble exubérant d'œuvres de relèvement social et de prosélytisme caractéristiques de l'Angleterre victorienne. Par là, l'Armée du salut représente une des premières tentatives de l'époque contemporaine pour faire face au phénomène de la désaffection des classes laborieuses ou défavorisées à l'égard du christianisme.
Le fondateur de l'Armée, William Booth (1829-1912), passa son adolescence dans un quartier pauvre de la ville industrielle de Nottingham. Employé d'un prêteur sur gages dès l'âge de quatorze ans, il trouva dans son métier de nouvelles occasions de contact avec les plus défavorisés. Anglican par sa famille et sa première éducation religieuse, il se rattacha à l'Église méthodiste à l'âge de treize ans. Quelques années plus tard, il était prédicateur laïc, après avoir passagèrement subi l'influence du chartisme. Devenu pasteur par la suite, il commença à prêcher des campagnes de réveil. Mais, en 1861, il lui fallut quitter cette organisation, qui n'acceptait pas l'idée qu'il se faisait d'un ministère itinérant auprès des classes les moins favorisées. Elle acceptait encore moins que Mrs. Booth prêchât tout comme son mari, et avec autant de succès.
La rupture avec le méthodisme officiel porta le ménage Booth à une activité indépendante, bientôt fixée dans le quartier ouvrier et pauvre de l'East End londonien. Cette mission sous la te […]
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