Médecin français qui fut l'un des premiers cliniciens de son époque. Répétiteur au lycée de Châteauroux, il rencontre Bretonneau qui l'engage dans son service à l'hôpital de Tours. Il soutient, en 1825 à Paris, sa thèse de doctorat. Agrégé l'année suivante, il fait toute sa carrière à Paris, mais il entretient une correspondance étroite avec son maître dont il diffuse les découvertes et les travaux. « De la maladie à laquelle M. Bretonneau a donné le nom de dothiénentérie » (1826) est le premier article paru sur ce sujet ; l'année suivante, il fait imprimer La Diphtérite qui a été présentée par Bretonneau en 1821 à l'Académie de médecine. Envoyé en octobre 1828 à Gibraltar pour étudier l'épidémie de fièvre jaune, il contracte lui-même cette maladie. Nommé médecin des Hôpitaux, il entre à l'Hôtel-Dieu en 1831. Il écrit, avec son élève Pidoux, le Traité de thérapeutique et matière médicale (1835) puis, seul, le Traité pratique de la phtisie laryngée, de la laryngite chronique et des maladies de la voix (1837). En 1839, il obtient la chaire de thérapeutique à la faculté de médecine de Paris et un service à l'hôpital Saint-Antoine et, jusqu'à sa retraite, il enseigne et répand les théories de Bretonneau mais s'oppose à celles de Broussais. Il publie en 1843 sa découverte de la thoracocentèse (De la paracentèse du thorax dans certains cas de pleurésie aiguë), et décrit plus tard le symptôme de la tétanie infantile qui porte son nom (signe de Trousseau). Passionné par la révolution de Février, il est élu en avril 1848 député d'Eure-et-Loir et siège à l'Assemblée mais, désapprouvé par Bretonneau, il démissionne en novembre. En 1852, il occupe la chaire de clinique médicale et revient à l'Hôtel-Dieu diriger un service. Il publie en 1861 ses célèbres leçons, Cliniques médicales de l'Hôtel-Dieu, qui furent rééditées en 1931.
Jacqueline BROSSOLET
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