Il ne suffit pas de dire que Ari est le père de l'histoire islandaise, il faut préciser que, sans lui, probablement, toute la littérature de sagas n'aurait pu voir le jour et qu'il possède, avec plusieurs siècles d'avance, contre tous ses contemporains, les qualités que nous exigeons d'un véritable historien.
Il est né dans l'ouest de l'Islande, d'une famille noble qui descendait peut-être des rois de Norvège. Selon la coutume, il est élevé, non par les siens, mais, au sein de la grande famille de Haukadalr, par Teitr, fils du premier évêque de l'île, Ísleifr : détail d'une importance capitale, car Ari a bénéficié de la sorte d'une ouverture sur l'Occident et sur la littérature contemporaine, latine et religieuse surtout, dont la marque se retrouve sans peine dans son œuvre. Puis sa vie, qui est mal connue, se confondra avec celle de la république islandaise, à laquelle il se trouve intimement mêlé en tant que gódhi, chef mi-laïque, mi-religieux.
Un seul livre, d'une minceur extrême, écrit vers 1120, suffit à assurer sa gloire, encore qu'il ait dû en composer d'autres, des généalogies et des vies des rois, norvégiens en particulier, dont ses compatriotes se […]
